Le réseau tentaculaire d’Al-Qaïda

(Cliquez sur la carte pour l’agrandir)

Robert Gates, le secrétaire d’Etat à la défense des Etats-Unis, a annoncé que depuis déjà trois ans, les services de contre-espionnages américains avaient perdu la trace d’Oussama Ben Laden. Voilà 20 ans que la première Organisation Terroriste Non Gouvernementale (OTNG) sévit et pourtant les  occasions de mettre la main sur Ben Laden ont existées. Voilà 8 ans que l’occident mène une guerre contre le terrorisme en Afghanistan. Un constat s’impose Al-Qaïda est toujours là et, comme au Yémen, renait parfois de ses cendres.

Le premier engagement du Saoudien Oussama Ben Laden est financier. En 1979, il aide financièrement l’opposition islamiste syrienne qui tente à l’époque de renverser Hafez al-Assad. Le 27 décembre 1979, l’armée rouge de l’URSS attaque l’Afghanistan. En 1980, Oussama Ben Laden aurait commencé à entretenir des contacts avec un homme du nom d’Abdallah ‘Azzam, un théologien jordano-palestinien très proche de l’idéologie de l’organisation panislamiste des frères musulmans. C’est avec lui que Ben Laden crée le Maktab al-Khadamat (MAK). Une sorte de version beta d’Al-Qaïda. Cette structure sert de plaque tournante pour tout ce qui est armes, argent, formations de Moudjahidin` Mais à cause de désaccords sur la stratégie à tenir face à l’ennemi, les relations entre les deux hommes se compliquent. Oussama Ben Laden se rapproche de l’Egyptien Ayman al-Zawahiri en 1987. Ben Laden décide donc en 1989 de créer une structure concurrente du MAK qu’il appelle la Qâ’idat al-Ma’lûmât ce qui signifie « la base de données ». Désormais connue sous le nom d’Al-Qaïda. En 1989, la guerre en Afghanistan se termine. Un an plus tard, la guerre du Golfe éclate. Il propose ainsi au gouvernement Saoudien de réunir 100 000 hommes pour aller se battre contre Sadam Hussein. L’Arabie Saoudite refuse préférant une coalition avec, à sa tête, les Etats-Unis. C’est cette décision qui radicalise Ben Laden vis-à-vis des USA. Entre l’homme et son pays, les relations se tendent à tel point qu’il est déchu de sa nationalité en 1994. En 1992 déjà, il avait quitté sa patrie pour le Soudan. Cette même année l’organisation va avoir une résonnance mondiale.

Le réseau

Création de camps, formations d’Afghans, ouverture de nouveaux fronts en Algérie et en Bosnie, naissance d’une antenne au Yémen, réalisation d’une plateforme de communication au « Londonistan ». Le réseau se crée. En 1996, les Talibans qui ont mis la main sur l’Afghanistan se rallient à Ben Laden. Al-Qaïda est souvent comparé à une pieuvre aux multiples tentacules. Il est en effet composé d’un headquarter d’anciens combattants de la guerre d’Afghanistan. Ce centre névralgique a un pôle finance, un responsable de la sécurité interne, un coordinateur des camps et des attentats et un porte-parole. Le tout est protégé par la Force 55 composée d’environ 1 500 hommes. Cette tête donne les ordres aux petites structures en charge d’une zone géographique assez vaste. Tué par les américains en Irak, Abou Moussab al-Zarqaoui a fondé Al-Tawhid qui opérait en Europe et qui s’est rallié au réseau en 2004. Le GSPC fondé par Abdelmalek Droukdal est rebaptisé en 2007, Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). Le Groupe Islamiste Armé (GIA), lui, est implanté en Algérie et a pour but de renverser l’Etat Algérien. Il est inactif depuis 2006.

Les cibles

Seulement un an après la naissance internationale d’Al-Qaïda, les attentats commencent. Les cibles sont avant tout institutionnelles. Un mois après le début de la présidence de Bill Clinton, le 26 février 1993, la première attaque d’Al-Qaïda en tant que OTNG a lieu contre le World Trade Center. Celui-ci est touché par une attaque à l’explosif qui fait 6 morts et 1 000 blessés. En 1998, les ambassades américaines de Nairobi au Kenya et de Dar es Salaam sont visées. Au total, 224 morts dont 12 Américains. En 2000, l’USS Cole est touché dans le golf d’Aden. En 1995 et 1996, deux attentats ont lieu en Arabie Saoudite contre des intérêts américains. L’un, devant la garde nationale saoudienne, tue 5 soldats américains. L’autre vise la base américaine de Khobar et fait 19 morts et 400 blessés. Si ces attaques ont lieu sur le sol saoudien, Al-Qaïda ne vise pas la monarchie directement. En 2001, l’organisation terroriste réalise sa plus grosse opération en attaquant à nouveau le World Trade Center ainsi que le Pentagone. Là encore, ce sont des institutions qui sont attaquées. Les années suivantes, le rythme s’accélère avec 5 attentats en 2002 dont celui de Bali qui fera 202 morts. Ici c’est le modèle occidental qui est attaqué. Aucune des victimes n’est Indonésiennes. L’occident est de plus en plus touché. En 2004, des bombes explosent dans les gares de Madrid. En 2005, Londres est touchée. Le but: instaurer un climat de terreur.  Depuis, les actes terroristes en Occident sont moins nombreux. Ils augmentent cependant  considérablement en Afrique notamment. En Mauritanie, au Yémen, en Somalie, au Mali…

Lexique

Jihad : guerre sainte. Étymologie : exercer une force, tâcher, combattre. Recours aux armes pour imposer la foi islamique. L’Islam compte quatre types de Jihad : par le cœur, la langue, la main et l’épée.

Moudjahiddin : combattant, résistant, militant qui combat au nom de sa religion.

Panislamisme : mouvement politico-religieux réclamant l’union des communautés musulmanes dans le monde, ou l’union des territoires considérés comme musulmans.

Article rédigé conjointement avec Victor Guilbert dans le cadre d’un magazine étudiant.

Carte réalisée par Victor Guilbert.

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